11.11.2006
QUI ROULE POUR SARKOZY ?
La pré-campagne, qui doit conduire le parti socialiste à désigner son représentant dans le combat pour l'élection présidentielle, touche à sa fin. Comme prévu et annoncé ici-même, pas à pas, le candidat qui semble le seul susceptible de battre la Droite, Dominique Strauss-Kahn, gagne du terrain.
A ce stade, sans doute faudrait-il disséquer les interventions des uns et des autres, distribuer des bons points de manière plus ou moins objective, commenter l’évolution des sondages.
Puisque beaucoup d’autres le font, puisque surtout les relais du parti auprès duquel j’ai choisi de m’engager, avec un sectarisme que je ne soupçonnais pas, ont décidé de me laisser à l’écart parce que j’ai affirmé mon choix de n’être inscrit nulle part, d’être "un électron libre" en quelque sorte, je profite de cette liberté et plus encore de cette mise à l’écart pour aborder des thèmes moins rabachés mais qui me semblent tout aussi importants.
Et je voudrais aujourd’hui commenter la déclaration de candidature de Monsieur Chevènement.
Lors de l’élection d’avril 2002, un certain Jean-Marie LePen était en embuscade derrière les candidats des grands partis politiques "respectables". Le mode de scrutin utilisé pour l’élection du Président de la République (à 2 tours quoiqu’il puisse advenir) imposait que les représentants des deux grands courants d’opinion du pays, la Gauche et la Droite "républicaines", ne voient leurs voix éparpillées auprès de candidats faisant en principe partie de ces deux grands groupes. Deux personnalités pouvaient, par leur seule présence au premier tour de l’élection, faire obstacle à un choix raisonnable de celui à qui devait revenir l’honneur d’occuper la plus haute fonction : Charles Pasqua à droite, Jean-Pierre Chevènement à gauche ou se disant comme tel. Comprenant le risque que ferait courir sa candidature au chef de file de son bord, Charles Pasqua décida de renoncer, faisant il faut tout de même le lui reconnaître même si l’on est peu fanatique du personnage, montre d’un certain sens des responsabilités. Chevènement, lui, se maintint et l’on sait ce qu’il advint.
Même si j’avais évoqué cette éventualité dans ma réponse à un commentaire de fin septembre, personne n’aurait donc sérieusement pu croire qu’il oserait réitérer ce triste exploit aux conséquences que l’on avait cru à l’époque imprévues et accidentelles.
Pour qui roule donc cet homme dont Charles Pasqua (une drôle de référence !) disait qu’il était le meilleur de l’opposition de l’époque ? Se représenter contre ses Alliés après avoir vécu l’expérience de 2002 permet sérieusement de se poser la question. D’accord il a été gravement malade. Mais je ne crois pas que le problème soit là. Lorsque je suis en privé, il m’arrive de me laisser aller jusqu’à penser qu’à un certain niveau - de responsabilités gagnées, de réussite sociale, de position référente désignée par le peuple - il y a beaucoup plus de salauds que d’imbéciles. Je ne suis pas complètement certain que cet épisode me conduise à changer d’avis à ce sujet.
Pendant ce temps, Laurent Fabius, après l’annonce du SMIC à 1500 euros (le poucentage des travailleurs touchant cette rémunération de base est très important), la promesse d’une parité absolue dans son gouvernement (les femmes représentent évidemment la moitié des votants), aurait parait-il dit ou laissé entendre qu’il nommerait Nicolas Hulot (qui jouit d’une très grande popularité) à un poste ministériel, avec sans doute l’abbé Pierre, Zinédine Zidane et autres Loana. Pauvre lolo : dans ses tentatives dépourvues de toute pudeur pour tenter désespérément de continuer à exister, il devient vraiment pitoyable. Il donnerait presque envie de l’achever ! Ceci dit il remplit pour l’instant à son insu ou à son corps défendant la fonction essentielle d’éviter sans doute que Ségolène Royal ne soit investie en un seul tour de scrutin.
Le 28 septembre, j’écrivais ici même, commentant le renoncement de Lionel Jospin : "Un scenario devenu vraisemblable est que Ségolène Royal n’obtienne pas la majorité absolue au premier tour de cette élection interne, puis qu’une alliance (d’ailleurs peu glorieuse) se produise en faveur du Candidat ayant les meilleures chances de l’emporter lors de l’élection nationale."
Je pense, je souhaite que l’on s’achemine vers cette situation malgré l’absence, dans cette course à l’investiture, de certaines personnalités qui auraient pu faire diversion en contribuant à l’aparpillement des voix au premier tour. Il restera à espérer que les militants préfèrent l’efficacité finale à une éphémère satisfaction.
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01.11.2006
Si SEGOLENE GAGNE ... par Louis MEXANDEAU
Sâchant mon engagement en faveur de Dominique Strauss-Kahn, des Relations m’ont adressé la copie d’un article surprenant paru dans ... le Figaro Magazine de samedi dernier. Comme je suppose que vous ne lisez pas ce genre de presse (et comme je vous comprends !), je me permets de vous faire part de quelques phrases que l’on peut y trouver.
Tout d’abord, le nom du signataire de l’article : il s’agit de Louis Mexandeau, ancien Ministre socialiste.
Sous un titre qui annonce déjà la couleur : "Si Ségolène gagne, le parti socialiste va entrer dans une phase noire", au fil des lignes, je relève :
"... je suis terrifié par Ségolène... je suis abasourdi... je suis confondu par sa planétaire indigence... ... propension à la dérive populiste, au démagogique, à l’erratique, au saugrenu... à la mise en danger de la France. Cynisme ? La vérité est bien plus inquiétante : Ségolène, c’est une inculture de taille encyclopédique, une sorte de trou noir de la science. Une ignorance crasse. Comme si elle n’avait pas lu un seul livre. "etc,... : il y en a toute une page, sur deux colonnes. Avec la conclusion, logique étant donné ce qui précède :
" Une chose est certaine, en tout cas : si, à la faveur de cette dérive médiatique, elle vient à gagner en novembre, le parti socialiste risque d’entrer dans une phase noire de son histoire, une période glaciaire, telle qu’il en a connu en 1920 et 1940. "
Heureusement que l’ancien ministre avait pris la précaution, au début de son article, de préciser :
" Je n’ai aucun contentieux avec Ségolène, rien de personnel contre cette femme..."
On peut légitimement se demander ce que ce serait s’il ne l’aimait pas !
Plus sérieusement, il me semble que quoique l’on puisse penser des discours de Madame Royal, de sa connaissance relative des dossiers importants, de l’imprécision, voire du manque de cohérence de son programme, même si l’on croit dur comme fer que seul DSK pourra contrer Sarkosy avec une chance de succès, on peut être surpris voire choqué de la violence des propos tenu par un Membre éminent de son propre parti. Heureusement que Monsieur Mexandeau n’est pas en campagne contre elle : je ne sais comment il aurait été possible de conserver aux débats entre les candidats la tenue et la courtoise qui ont pu être observés jusqu’à présent.
Et pour ma part, je souhaite de tout coeur que le candidat en qui j’ai placé ma confiance l’emporte, bien évidemment, mais tout en continuant, comme il l’a je crois toujours fait, à n’employer un ton et des arguments qui, au-delà de toute bienséance, permettront aux adversaires d’un jour de redevenir demain des alliés.
Cordialement à tous
23:40 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.10.2006
EST-CE QUE DEMAIN, ON RASERA GRATIS ?
Le premier débat entre les prétendants à l'investiture, attendu par certains, redouté par une autre, a eu lieu. Je ne crois pas qu'il suffise à changer grand'chose aux intentions de vote des uns ou des autres, tant il est sûr que (presque) tous choisiront en fonction de leur affinité et non d'éléments concrets. Une élection est une affaire de coeur, non de raison.
Tout a été dit sur la correction des participants, tout avait d’ailleurs été fait pour qu’il en soit ainsi.
Sur le fond, au risque de me faire honnir, je ne partage pas l’enthousiasme affiché par nombre de commentateurs.
Qu’a-t-on entendu ? Des engagements, peut-être logiques, mais qui tous ont un coût. Quid du côté du financement ? Ici ou là, une proposition d’augmenter ou de créer un nouveau prélèvement, alors que le pays est étranglé par le montant des charges accumulées. Et, de toute part, le voeu pieux que la croissance, oh combien hypothétique et qui dépend en grande partie de la conjoncture sinon mondiale, du moins occidentale, subvienne aux besoins. Avec son corollaire, en cas d’accession au pouvoir : une prévision d’équilibre budgétaire calculé sur un taux de croissance "estimé" de façon délirante ou délibérément mensongère. Et donc, pour pallier les insuffisances, de nouveaux prélèvements et un déficit et un endettement croissants et paralysants.
Bref, rien de vraiment nouveau par rapport à ce qu’on entend depuis trente ans (depuis la mort de Pompidou, assez précisément). On se demande un peu, dans ce cas, pourquoi il est nécessaire qu’il y ait un pilote dans l’avion, et quelle est l’importance réelle du choix de ce dernier (du moins sur le plan économique, qui conditionne quand même beaucoup de choses). Bon, je caricature, j’ai l’esprit mal tourné. Ceci dit, un concert unanime de louanges, à l’instar d’un succès électoral obtenu avec 100% des voix, ne ferait pas très sérieux.
Sans doute, DSK s’est-il montré le plus compétent. Je n’en veux pour preuve que son discours sur l’énergie, empreint de réalisme. Mais, en ayant fait le moins de promesses de style "électoral", Ségolène Royal a gagné en crédibilité. Heureusement, il ne s’agit que du premier débat. Mais j’espère que "mon" camp tiendra compte pour la suite de cet élément. Je reste en effet persuadé que Dominique Strauss-Kahn est le seul qui pourra faire le poids face au populisme du petit-grand méchant loup neuilléen (petit par la taille mais grand par la nocivité).
Outre les deux prétendants sérieux déjà cités, il y en a eu un qui a apporté une note plus légère, voire carrément comique : Laurent Fabius s’est prononcé pour des accords européens dans les domaines économique, fiscal, énergétique ... pourquoi pas politique, lolo ? (lolo est mis ici pour "rigolo", je ne me permettrais pas de caricaturer un nom ou un prénom). Quel dommage qu’à l’occasion de son couplet féministe, une animatrice, pour parfaire le côté burlesque, ne lui ait pas demandé ce qu’il penserait d’une femme portée au pouvoir suprême ! Et quant aux promesses démagogiques ... Peu importe d’ailleurs. Il ne faut pas perdre de vue que la seule fonction de sa candidature est de tenter d’éviter que Ségolène Royal n’ait la majorité absolue au premier tour (j’aurais pour ma part souhaité que d’autres viennent figurer dans le même but). Il est évidemment le seul à ne pas le comprendre.
Si l’on veut caractériser les candidats, il semble que l’on soit en présence d’un social-démocrate convaincu, ce qui est certainement le positionnement le plus réaliste en fonction des impératifs de l’élection finale, d’une candidate au positionnement moins bien défini (c’est quoi le social-nationalisme ? Le national-socialisme je sais, mais ça ne doit pas être pareil) et d’un lolo (voir note précédente) d’extrème gauche de circonstance.
Dans l’hypothèse où une fraction suffisante des militants acceptent de tenir compte des réalités, il semble qu’un (petit) pas ait été franchi vers cette investiture tellement souhaitable de notre champion. Et un petit pas, plus un petit pas, plus... cela devrait finir par faire du chemin. Il ne reste plus qu’à espérer que ce chemin soit suffisant.
Claude Vallier
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